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Historiquement, les premières compagnies aériennes à vocation de transport de passagers sont nées dans l'entre-deux guerres, dans le sillage des compagnies aéropostales. En ce qui concerne l'Europe, tour à tour Lufthansa (Allemagne) en 1926, Swissair (Suisse) en 1931, Air France en 1933, BOAC (Grande Bretagne) et Iberia (Espagne) en 1939, voient le jour. Ces compagnies traditionnelles ont en commun d'être nationales et de desservir leurs destinations finales à partir de leur base située sur leur territoire d'origine. Après les restructurations survenues consécutivement au second conflit mondial, une nouvelle étape est franchie avec l'arrivée des gros porteurs aux débuts des années 1970. Boeing inaugure la ligne New York - Londres le 22 janvier de cette année 1970, bientôt New York - Paris suivra. De grande capacité, cet appareil permet de transporter de 366 à 524 passagers selon les versions. Il sera pendant 35 ans le seul avion de ce type sur le marché, jusqu'à l'arrivée de l'Airbus A380.
L'idée directrice du low cost aérien est de réduire au maximum les coûts de revient en supprimant - ou rendant payantes - les prestations superflues, et en optimisant le fonctionnement de la compagnie, avec, comme objectif, de peser sur le prix de vente du billet puisque les lourdes structures des compagnies aériennes traditionnelles ne leur permettent pas d'être concurrentielles. Dans ce domaine, Ryanair fait figure de modèle, parfois jusqu'à la caricature.

Ryanair a été fondée en 1985 à Dublin (Eire) par Thomas Anthony « Tony » Ryan, un richissime homme d'affaires irlandais de 49 ans qui donnera son nom à la compagnie, en association avec Liam Lonergan, propriétaire du tour opérateur « Club Travel ». La légende veut que le capital de départ ait été d'une livre irlandaise. À l'époque, elle n'était qu'une petite compagnie exploitant exclusivement la ligne Dublin - Londres au départ de Waterford, aéroport situé au sud-est de l'Irlande, arrivée à London Gatwick. Mais, dès 1986, une seconde ligne est ouverte de Dublin à l'aéroport Luton International de Londres, plaçant Ryanair en concurrent direct d'Aer Lingus, l'officielle compagnie nationale irlandaise, et de British Airways, qui constituaient alors un duopole sur la ligne. Dans un premier temps, et dans le souci de protéger Aer Lingus, le gouvernement irlandais refusa son agrément, mais sous l'influence du gouvernement britannique de Margaret Thatcher, ultra libéral et donc favorable à un marché totalement ouvert, dut céder. Dès la première année d'exploitation, avec seulement 2 appareils et 2 lignes, Ryanair transporte 83000 passagers entre Dublin et Londres. Dans les années suivantes, le nombre de voyageurs empruntant Ryanair ne cesse d'augmenter, toutefois, la rentabilité n'est pas au rendez-vous. Il est alors décidé de faire appel au jeune (il a 30 ans) et dynamique Michael O'Leary pour redresser Ryanair et en faire une compagnie aérienne dégageant des profits. La politique d'O'Leary s'avère draconienne. Il impose une rotation plus élevée des avions car c'est à terre que les appareils coûtent le plus à la compagnie, la suppression de la classe business (il n'y aura donc plus qu'une seule classe), l'utilisation d'un seul modèle d'appareil afin de faciliter l'entretien, la suppression des prestations non indispensables comme la réservation des sièges et la distribution de boissons gratuites. Par ailleurs, il préconise l'usage des aéroports secondaires qui, s'ils ne possèdent pas toujours tous les services des aéroports internationaux, offrent des prestations au coût nettement moins élevé. Sous la direction de Michael O'Leary, Ryanair célèbre son 10ème anniversaire en annonçant avoir transporté 2,25 millions de personnes lors de son dernier exercice.
Dans la période 1992 - 1999, l'expansion de Ryanair est facilitée par la dérégulation du trafic aérien européen. L'union Européenne autorise, désormais, les compagnies aériennes à établir des lignes régulières à partir de l'ensemble du territoire de l'Union, quelle que soit la nationalité de la compagnie. Profitant de cette opportunité, Ryanair prend pied à Stockholm (Suède), à l'aéroport de Sandefjord à 110 km au sud d'Oslo (Norvège), à Paris et en Belgique à Charleroi qui n'est distante que de 49 km de Bruxelles. Dans le même temps, Ryanair passe commande à Boeing de 45 nouveaux appareils de la série 737-800. Le mode de développement de Ryanair va reposer, désormais, sur l'implantation de plaques tournantes sur l'ensemble de l'Europe. Ce système consiste à installer des bases (en langage aéronautique international, on parle de « hub ») dans des aéroports, comprenant des services administratifs, des services de maintenance, des possibilités de révision du matériel et de stockage et bénéficiant d'une relative autonomie par rapport au siège de Dublin avec, pour conséquence, une gestion locale plus resserrée, génératrice d'économies substantielles.
Cette même année 2004, une nouvelle opportunité s'ouvre : l'élargissement de l'Union Européenne. 3 pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie), Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, enfin Chypre et Malte rejoignent le marché européen. De nouvelles perspectives s'ouvrent alors à Ryanair qui vient juste de renouer avec les bénéfices après des années de pertes. Boeing est à nouveau sollicité pour fournir 70 appareils, tandis qu'une option pour 70 autres est inscrite, confirmée par Ryanair. Dans le même temps, O'Leary annonce que les comptes de Ryanair pour l'exercice 2003 présentent un profit en augmentation - tendance qui se confirmera les années suivantes puisque les 6 mois avril- septembre 2006 feront apparaître 329 millions de livres de bénéfice -, et que les 21,4 millions de passagers transportés au cours du même exercice sont à mettre en regard des 700000 des premières années d'exploitation, c'est-à-dire avant sa venue.