Aujourd'hui

La flotte de Transavia se compose aujourd'hui de 31 avions de la plus récente version du Boeing 737. Cet appareil court et moyen-courrier est actuellement le modèle le plus vendu dans le monde. Appareil de ligne biréacteur (les réacteurs sont placés sous les ailes), le Boeing 737 a été mis en service à la fin des années 1960 sur la compagnie allemande Lufthansa, puis a été vendu à 6000 exemplaires dans des versions sans cesse améliorées, classées de 100 à 900. Les séries 600, 700, 800 et 900 sont dites de troisième génération et se différencient des précédentes par un cockpit ultramoderne et une motorisation plus performante.
Transavia ne possède que des 737-700 et des 737-800, c'est-à-dire des modèles récents. L'homogénéité de sa flotte permet à Transavia une maintenance techniquement simplifiée - but vers lequel tendent la plupart des compagnies low cost, car faisant partie des objectifs d'économie -, et de disposer d'équipements relativement standardisés. En effet, les séries 700 et 800 du Boeing 737 ne diffèrent que par la capacité voyageurs (le 800 peut en contenir jusqu'à 190, le 700 jusqu'à 150 en raison d'une différence de longueur de 6 m en faveur du 800 et d'un agencement intérieur différent), les moteurs - des CFMI CFM56-7 - et autres caractéristiques comme l'envergure ou la vitesse de croisière (Mach 0,7085) étant identiques.
HISTOIRE
Ses débuts
L'histoire de la compagnie Transavia commence en 1965 avec l'achat par Johan Nicolaas Block d'une petite compagnie nommée Transavia Limburg, basée à Maastricht capitale de la province hollandaise du Limbourg. Johan Nicolaas, natif d'Amsterdam, était lui-même un pilote militaire d'avion, et sa candidature à un poste dans la compagnie nationale KLM n'ayant pas été acceptée, il avait co-fondé dix ans plus tôt Martinair avec son compatriote Martin Schröder. Martinair avait pour objectif de devenir une compagnie aérienne spécialisée dans les vols de loisirs aux Pays-Bas, ce qui constituait une innovation en ces années de l'après-guerre. Après 10 années d'exercice, J.N. Block avait quitté son partenaire Shröder et racheté Transavia Limburg qui végétait et était promise à la faillite. Une des premières initiatives de J.N. Block avait été d'abandonner la référence à la province du Limbourg et de transférer le siège de sa « Transavia » - nouvelle désignation de la compagnie - à l'aéroport international de Schiphol Amsterdam mieux à même de soutenir le développement de la compagnie.
En moins de 10 ans, Transavia couvre 45% du trafic de tourisme en
Hollande et se présente comme la principale concurrente de Martinair sur le créneau. Parallèlement, J.N. Block vise à investir sur le marché du voyage d'affaires et crée Jetstar Holland en 1977 destinée aux vols domestiques professionnels. Ce pari est risqué dans la mesure où la Hollande est un État de petites dimensions et que les réseaux routier et ferroviaire sont particulièrement bien développés en raison de l'absence de reliefs escarpés. Ces éléments permettent au transport au sol d'être concurrentiel du ciel. Il revend sa société Jetstar Holland deux ans plus tard. John Nicolaas Block, en désaccord avec des investisseurs de Transavia, avait quitté cette dernière en 1975. En fin de carrière, le pionnier du transport aérien de loisirs fonde Air Holland sur des bases similaires mais élargies en 1984. Cette initiative se heurte aux ambitions de KLM et de Transavia qui s'efforcent de l'empêcher d'obtenir son certificat opérationnel ; puis Transavia tentera en vain de racheter cette compagnie concurrente. Block doit quitter Air Holland en 1991 - trois ans avant son décès. Cette compagnie cessera ses activités la même année. Entre temps, Transavia avait été rebaptisée Transavia Airlines en 1986.
Transavia.com

En ajout à ses activités d'origine de compagnie charter, Transavia avait pris position sur le marché des vols low cost grâce à sa petite filiale spécialisée : Basiq Air. Mais, afin d'unifier son image et de souligner que le concept de Basiq Air repose sur l'achat de billets exclusivement en ligne, il est décidé que les deux sociétés présenteront un profil marketing commun en utilisant désormais la marque Transavia.com qui figurera en lettres vertes et bleues sur le fuselage blanc des appareils de la nouvelle enseigne. Le rapprochement entre Air France et KLM (qui apporte Transavia au groupe) a pour effet de conduire à la création d'une antenne à Paris Orly dite Transavia.com France, tandis qu'une unité symétrique est installée à
Copenhague : Transavia.com Denmark en raison des liens privilégiés entretenus dès l'origine avec ce pays ayant participé au financement lors de la création de la compagnie sous Johann Nicolaas Block. Un appareil Boeing 737-800 de Transavia est d'ailleurs basé dans l'aéroport Kastrup de la capitale danoise.
Changement
L'année 1991 voit l'actionnaire P&O Nedlloyd céder 80% de ses actifs de Transavia à la compagnie nationale néerlandaise KLM qui en prend donc le contrôle effectif. Lorsque la Grèce modifie ses règles relatives au transport aérien et ouvre à son tour son espace domestique à une exploitation des compagnies étrangères en 1998, Transavia est la première compagnie à s'engouffrer dans ce créneau. Au fil des ans, Transavia atterrira à Athènes,
Héraklion en Crète, Chania, Kefalonia, Kerkyra et Rhodes.
Rachat
En 2003, KLM parachève son acquisition de Transavia en s'appropriant le reste du capital encore détenu par P&O Nedlloyd. Ainsi, Transavia devient-elle alors une filiale à 100% de KLM. Quand, en mai 2004, KLM et Air France se rapprocheront et ne formeront plus qu'une seule entité privée (quoique l'État français soit toujours détenteur d'une fraction du capital), Transavia deviendra de facto une filiale du nouveau groupe. Entre-temps, Transavia avait développé son activité d'origine de compagnie charter en élargissant son assise aux Pays-Bas.
HUB
Dans le vocabulaire international de l'aéronautique, on appelle « hub » la base principale, l'aéroport de référence, la plaque tournante à partir desquels une compagnie aérienne organise ses vols. Généralement, la maintenance des appareils, les hangars de réparation, l'administration, voire le siège social se situent dans ou à proximité d'un aéroport. Dans le cas de Transavia, le choix s'est porté sur l'aéroport Shiphol d'Amsterdam, mais les besoins de la compagnie l'ont conduite à adjoindre deux hubs secondaires à celui d'origine. En premier lieu, Rotterdam, bien que située à moins de 100 km d'Amsterdam, a été choisie en raison de sa situation de premier port d'Europe occidentale, à partir duquel il est loisible d'ouvrir le continent aux voyageurs (et accessoirement de redistribuer les marchandises pour partie par la voie aérienne et ce choix n'est pas étranger au fait que l'ancien propriétaire P&O Nedlloyd soit une société de transport par container). Le hub sera installé à l'aéroport de Rotterdam La Haye. En second lieu,
Eindhoven, une des principales villes du Brabant Septentrional, c'est-à-dire au sud de la Hollande, présente l'avantage de se situer sur l'axe autoroutier reliant Amsterdam à Maastricht et par cette dernière ville d'ouvrir au réseau international des grandes voies du sud et de l'est de l'Europe.
Bassin méditerranéen

Les destinations desservies par Transavia se composent de lignes régulières et de lignes saisonnières mais sa nouvelle fonction de « filiale loisir » du groupe Air France-KLM l'amène à privilégier une couverture du bassin méditerranéen et donc de déplacer son centre de gravité originellement nord-européen vers le sud. En particulier, la
Tunisie avec Djerba, Tozeur et Monastir, le
Maroc avec Marrakech, Agadir, Oujda et les îles « européennes » au large des côtes marocaines (Ténérife,
Madère et la Grande Canarie) sont surreprésentés.
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