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Le réseau de la compagnie comprend des vols domestiques à destination de 24 aéroports italiens, des liaisons régulières avec Beyrouth, Casablanca, Malte, Le Caire, Salonique, Istanbul, Tel Aviv sur le pourtour méditerranéen, les principales métropoles de l’ancienne Europe de l’Est (dont Moscou, Saint Petersbourg et Budapest), et 12 destinations intercontinentales de Boston à Lagos (Nigeria) et de Buenos Aires à Tokyo.
La compagnie aérienne nationale italienne Alitalia est d’une création beaucoup plus récente que celle des compagnies des principaux pays européens. En effet, tandis que dans le sillage de KLM (Pays-Bas) constituée en 1919, Lufthansa (Allemagne), Aeroflot (URSS), Swissair (Suisse) ou Air France naissaient dans l’entre deux guerres, il faut attendre 1946 et la fin du conflit mondial pour que l’Italie se dote d’une compagnie aux capacités comparables à celles de ses voisins européens
Le vol commercial inaugural de la nouvelle compagnie Alitalia – officiellement dénommée Alitalia-Linee Aeree Italiane S.p.a – est programmé pour le 5 mai 1947. L’appareil qui l’effectue est de conception italienne : un tri-moteur Fiat G 12, dû à l’ingénieur Giuseppe Gabrielli. Ce type d’appareil, susceptible de voler à haute altitude, et conçu à l’origine pour être un avion de ligne, avait fait ses preuves depuis 1940, pendant la guerre et notamment sur le front de Tunisie, dans sa version militaire, le G 12 T. Ce n’est qu’une fois la paix revenue que l’usine Fiat avait repris à son compte sa fabrication dans une nouvelle version civile.
Le premier vol d’Alitalia emmènera donc ses passagers de Turin à Rome et rejoindra Catane en Sicile. Mais la vocation d’Alitalia est de se positionner sur l’international à l’instar de ses concurrentes européennes. Dès 1947, la première ligne internationale d’Alitalia joint Rome à Oslo (Norvège). 9 mois plus tard, Alitalia établit sa première ligne intercontinentale par un périple allant de Milan à Buenos Aires (Argentine) en faisant escale à Rome, Dakar (Sénégal), Natal, Rio de Janeiro et Sao Paulo (Brésil). Le vol durera au total 35 heures.
À partir de cette décennie 1960, Alitalia s’éloigne progressivement de ses investisseurs britanniques pour être contrôlée par des capitaux exclusivement italiens. À cette époque, Alitalia se situe en troisième position européenne en termes de passagers au kilomètre et est considérée comme une des compagnies les plus florissantes.
Mais la décennie suivante, qui voit l’apparition de la déréglementation aérienne, s’annonce plus difficile pour Alitalia. Une première conséquence de la dite déréglementation consiste en l’arrivée des compagnies « charters » qui louent les appareils aux compagnies existantes au coup par coup, ou pour une période donnée (saisonnière), ou encore une partie des sièges d’une ligne régulière. Ces affrètements d’un nouveau genre, qui permettent la baisse des tarifs, concurrencent directement les compagnies comme Alitalia – ou plus généralement les grandes compagnies nationales – dont les lourdes infrastructures (agences, personnel, prestations annexes, etc.) constituent un obstacle à la rationalisation des coûts d’exploitation.
De surcroît, à partir des années 80, naissent les compagnies à bas prix – dites low cost –, dont Ryanair est le prototype. Les différences de tarifs sur les court et moyen-courriers, même si les prestations ne sont pas comparables, deviennent alors telles qu’Alitalia, en perte de vitesse, doit se résoudre à se diversifier pour soutenir sa position sur le marché. Les axes de diversification retenus sont, dans le même esprit que les autres compagnies nationales, le tourisme, les filiales à bas prix et le rachat de petites compagnies au marché plus ciblé. Malheureusement, Alitalia échoue dans ses tentatives d’élargissement de son marché. En particulier, Aermediterranea, filiale créée en 1981 dont 55% du capital appartient en propre à Alitalia et 45% à sa filiale Aero trasporti Italiani (ATI), constituée en 1963 et couvrant les vols domestiques, est un échec. Aermediterranea, qui opère sur les lignes intérieures grâce à l’apport de 7 appareils appartenant à Alitalia, ne trouve pas sa place sur le marché et disparaîtra après absorption par ATI.