Biographie : Jules Laforgue (1860-1887)
Poète français
Jules Laforgue est né le 16 août 1860 dans une famille originaire de Tarbes émigrée à Montevideo, en Uruguay. A 10 ans, il est envoyé en France pour entreprendre des études qu’il poursuit ensuite à Paris. Après avoir raté plusieurs fois son bac de philosophie, il décide très jeune de se consacrer à l’écriture et notamment, à la poésie.
Paris est alors un creuset dans lequel la vie intellectuelle bouillonne. Jules Laforgue participe à un groupe littéraire baptisé les Hydropathes. Il est aussi l’une des figures du mouvement décadentiste, à la limite entre naturalisme et symbolisme et qui se développe après la défaite de 1870.
Son œuvre est marquée par un refus de l’écriture en vers. Ses poèmes soulignent un mal-être permanant qui s’apparente au célèbre Spleen de Charles Baudelaire.Malgré des débuts difficiles, il parvient, grâce à l’aide de ses amis, à trouver un emploi de secrétaire auprès du célèbre collectionneur et critique d’art Charles Ephrussi. A son contact, il forme son œil et s’intéresse aux impressionnistes.
Au début des années 1880, Jules Laforgue vit en Allemagne où il est devenu lecteur de l’impératrice : plusieurs heures par jour, il lui lit les pages qu’il a lui-même choisies dans les romans français à la mode. Gagnant désormais bien sa vie, il voyage partout en Europe avant de rentrer à Paris où il meurt en août 1887.
Les principales œuvres de Jules Laforgue sont : Les Complaintes, L’Imitation de Notre-Dame de la Lune et Le Concile féerique.
Biographie : Delmira Agustini (1886-1914)
Poète uruguayenne
Delmira Agustini est née le 24 octobre 1886 à Montevideo, de parents immigrés italiens. Elève brillante, elle écrit ses premiers vers à l’âge de 10 ans, tout en excellant également dans l’étude des lettres, de la musique et de la peinture. Toute jeune femme, elle publie des poèmes dans la revue littéraire La Alborada, où, sous le nom de « Joujou », elle rédige une colonne de société dans une prose moderne et libre.
A 21 ans, Agustini publie son premier recueil de poèmes, El libro blanco, qui reçoit un bon accueil auprès des auteurs et des critiques. Toutefois, la société des intellectuels uruguayens ne peut s’empêcher de mettre en parallèle son talent littéraire avec son statut de femme. Des termes se référant à l’extase sont utilisés systématiquement à son encontre, allant jusqu’à la comparer à Thérèse d’Avila. L’auteur décide d’en jouer et fait du dieu Eros le protagoniste d’un grand nombre de ses textes. Une spiritualité éclairée y côtoie des images expressives et charnelles par le biais d’une poésie novatrice. Son troisième recueil, La Vanguardia, marque son entrée dans le mouvement littéraire. A 27 ans, la jeune femme fait partie des écrivains modernes d’Amérique latine avec Julio Herrera y Reissig, Leopoldo Lugones et Rubén Darío, fondateurs du modernisme. Delmira consent alors à se marier mais divorce quelques mois plus tard. Elle est abattue par son ex-mari le 6 juillet 1914.
Ses autres œuvres importantes sont : Cantos de la mañana et Cálices Vacíos.