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Le 30 novembre 1908, le moteur du biplan Voisin appartenant au baron Pierre de Caters ronronne à merveille. L'air est limpide, le vent nul. Un dernier tour de clef, une légère pression sur le manche à balai, l'aéroplane roule sur la prairie de Brecht. Soudain le sol se dérobe, un mètre, deux mètres ... cinq mètres ... Caters exulte, il vole et négocie une courbe de deux cents mètres. Un vrai miracle! Il est le premier Belge à avoir réussi un tel exploit. C'était il y aura bientôt quatre-vingts ans!
Quand Léopold II apprit au crépuscule de sa vie que le prince Albert avait pris place dans la nacelle d'un dirigeable, il lui lança, courroucé : « Mon neveu, on ne risque pas la couronne de Belgique à deux mille mètres d'altitude. » Ces deux événements ne pouvaient que rapprocher les souverains des ailes belges, auxquelles, d'Albert 1er à Baudouin, ils apporteront tout leur soutien. C'est le roi Albert qui encouragea le baron de Caters et Jules de Laminne à former à l'aéronautique les premiers officiers de l'armée belge désireux de tâter du manche à balai. C'est toujours lui qui, à la fin de la Grande Guerre, où il fut aussi chevalier du ciel, participera au développement de l'aviation commerciale, et de son corrolaire la Sabena, digne héritière de la Sneta.
Sous Léopold III, sera inaugurée la première liaison régulière Belgique-Congo. Mais le souverain sera aussi le premier à s'élever contre l'absence d'une aviation militaire moderne, conscient que le sort d'une guerre future se jouerait davantage dans les airs que sur terre. Il ne fut entendu que trop tard, et les événements allaient lui donner malheureusement raison.
Baudouin 1er conquit ses ailes militaires et manifeste un intérêt constant pour notre aviation et notre force aérienne.
Freddy Capron a réalisé ici une œuvre remarquable à tout point de vue. Mais pouvait-on attendre moins d'un homme aussi minutieux qui a voué une grande partie de sa vie aux ailes belges. L'auteur a puisé aux meilleures sources, troquant parfois la plume pour le magnétophone en recueillant les souvenirs des pionniers et des grands acteurs de notre aviation. Le résultat est une large fresque aérienne brossée à traits précis, et surtout un livre où l'homme prend le pas sur la machine.
D'une documentation abondante et originale, Freddy Capron a tiré une synthèse qu'aucun passionné des choses de l'air ne saurait manquer de posséder.
Rien de plus beau, en effet, que l'histoire, surtout quand elle s'écrit sur fond d'ailes royales.