Les jardins de Marrakech sont un autre enchantement par la profusion de leurs palmiers, de leurs orangers, des oliviers et des fleurs ; l’Aguedal,
la Menera, le jardin de Ba-Ahmed, la verdoyante palmeraie où cent et cent mille dattiers balancent sous la brise leurs palmes dentelées.
MONUMENTS
On admire les mosquées au nombre de vingt et une, la Koutoubia, un des plus beaux monuments du Maroc, édifié en 1195 par Yacoub-el-Mansour, de même type que la Giralda de Séville et la Tour de Hasan de Rabat, dont le minaret carré, tout de pierre de taille, a douze mètres cinquante de côté et soixante-dix mètres de hauteur. On visitera le mausolée des tombeaux Saadiens à la Casbah attenant à la mosquée d’El Mansour, où reposent la plupart des souverains de cette dynastie qui régnèrent de 1520 à 1640 et qui surprennent « moins encore par les détails qui ont présidé à l’aménagement des deux salles dans lesquelles gisent les tombes, que par l’aisance avec laquelle les architectes anonymes ont pu allier à cette simplicité qui seule convient à la mort, le plus splendide raffinement ».
AVERTISSEMENT : Ce texte restitue la perception que l'on pouvait avoir à l'époque
où il a été écrit. Il ne présume en rien de l'opinion que porte l'éditeur de ce site sur
les sujets traités.
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SUR LA ROUTE DE MARRAKECH, EXTRAIT DU JOURNAL (AVANT-GUERRE)
LES JBILETS DE MARRAKECH
« Les Jbilet qui s’étendent très régulièrement de l’Est à l’Ouest au nord de Merrâkech sont composés d’une série de mamelons coniques, très semblables entre eux, qu’aucun contrefort important ne relie et qui produisent l’effet le plus pittoresque. Cette juxtaposition de cônes qui de loin ont une forme presque parfaite est, dans sa diversité, d’une régularité étonnante : toujours à peu près la même hauteur, toujours les mêmes petits pitons peu élevés, sans aucune arête droite, sans aucune crête dentelée de sierra. De cette accumulation de mamelons coniques, quelques uns se détachent ça et là, s’avancent, isolés dans la plaine de Marrakech ; d’autres moins nombreux, ont la forme d’une « berda’a » ou d’un bonnet de police. Les géologues regardent les Jbilet de Marrakech comme la préface de l’Atlas, en quelque sorte ; mais si cela est vrai au point de vue des géologues, elles sont bien différentes de l’Atlas, au regard du touriste, par la contexture extérieure ».
« Le chemin que nous suivons est agréable, varié, et la vue aime à se reposer sur ses pentes pittoresques après la monotonie des grandes plaines que nous avons traversées. Malheureusement la broussaille est rare : ce sont des touffes d’acacias gommiers, ou « tlah » et des buissons de genévriers, dont je ne saurais préciser l’espèce ; ajoutez y quelques génistées et l’éternel jujubier, voilà la maigre végétation arborescente des Jbilet de Marrakech ; quant aux arbres, ils sont excessivement rares ».
« La constitution géologique des Jbilet de Marrakech est la même que celle du massif du Jbel Lakhdar, la masse en est formée par les schistes et les grès anciens, dont les couches redressées et plissées sont couvertes par des dépôts horizontaux du jurassique et de l’éocène, qui ont été fortement démantelés. Les Jbilet à l’époque miocène formaient, comme le Jbel Lakhdar et le plateau des Beni Meskin des Chaouia, une île émergeant devant la masse continentale du Haut Atlas, auquel la reliait un isthme situé à la hauteur de Merrâkech. Elles ne sont donc géologiquement qu’un contrefort de la grande chaine atlantique.
Tout autour d’elles, se montrent les couches miocènes qui les escortent et pénètrent dans la vallée de la Taçaout, jusqu’aux environs de Tamellelt, c’est à dire jusqu’à la ligne de partage des eaux entre la Tencift et l’Oum er Rbia ».
Edmond Quillet, 1905
VOYAGE SUR LA COTE ATLANTIQUE, PROPOS DATANT D'AVANT-GUERRE
« Le voyage de Casablanca à Azemmour, le long d’une côte basse et sablonneuse, est aussi facile que monotone. La nature du sol rend la marche agréable, mais nul accident de terrain ne vient flatter l’œil du touriste. La distance à parcourir n’est que de soixante quinze kilomètres et les voyageurs pressés ou les courriers la franchissent aisément en un jour : les caravanes en mettent habituellement deux. A raison de cinq kilomètres à l’heure, ce qui est leur marche habituelle quand les bêtes sont bien chargées, elles emploient treize à quatorze heures en deux étapes, pour se rendre de Dâr el Beida à la ville de Moulaye Bou Cha’ib, en traversant une partie des territoires des Chaouia et des Doukkala ».
« Nous devons noter ici que le mot « Chaouia » désigne le pays occupé par les tribus auxquelles ce nom est commun. Des auteurs, et des auteurs éminents, ont adopté et généralisé ce genre d’appellation : les uns écrivent « la Chaouia », « la Rehamma », d’autres préfèrent le masculin et non moins inexactement « le Chaouia », « le Rehamma » etc ».
SANCTUAIRE ET DEVOTION VERS MARRAKECH, PROPOS D'AVANT-GUERRE
« Pour fixer les idées, sur la route de Mogador à Merrâkech, devant la nzala du Mokaddem Mçaoud, se dresse la « haouifa » de Sidi Diyan, curieuse à cause de son air barbare, massive, antique, avec des créneaux à moitié écroulés ; on peut voir sur les murs de nombreuses pierres posées là par des fidèles comme des offrandes ».
« Ainsi encore, le sanctuaire de Sidi Ali ch-Cheffaj situé près de Bab Armat à Merrâkech, comprend une koubba une haouita dans laquelle il y a un puits, dont l’eau est naturellement réputée pour avoir des propriétés merveilleuses. Les murailles de cette haouita sont couvertes, comme on le voit par la figure que nous donnons, de ces petites pyramides de pierres qui accompagnent si souvent les kerkoûr. On entre dans l’enceinte du saint, on boit de l’eau, on pose un caillou sur le mur, ou on l’ajoute au sommet d’une petite pyramide, ou mieux encore, on en élève une soi-même et on s’en va visiter la koubba et prier. Dans Marrakech, les marabouts sont le plus souvent enclos de murs plus ou moins élevés, sur lesquels on voit souvent des pierres déposées ça et là par la main des dévots ».
« Ces dévots, du reste, ne s’expliquent généralement pas leurs pratiques et sont incapables d’en donner aucune interprétation : seuls les musulmans éclairés et lettrés les expliquent, quand ils daignent s’en occuper, car les gens instruits ne suivent point ces coutumes, en disant que c’est le simulacre d’une offrande ou que la pierre est là comme une sorte de gage de vœu qui a été fait. En fait, le dépôt d’une pierre est surtout effectué par ceux qui ont une grâce à demander au saint ».
« Il convient de remarquer que cette soi-disant offrande d’une pierre est d’autant plus usitée qu’il s’agit de marabouts plus populaires. Ce rite à Marrakech est à peine connu ou même ne l’est pas du tout au sanctuaire des grands marabouts musulmans comme Sidi bel Abbes es Sebti ou Moulaye Idris. On peut même dire que les rites relatifs aux pierres sont d’autant plus développés que le marabout auquel ont les rapporte est moins orthodoxe. Ainsi dans la grotte de Lalla Takandout, chez les Haha, grotte dont nous parlerons plus tard ou l’on observe un culte païen à peine islamisé de nom, les pyramides de pierres sont tellement nombreuses depuis l’entrée jusqu’au fond, qu’on ne doit avancer qu’avec précaution pour ne pas faire tomber quelqu’une d’entre elles. D’autre part, c’est surtout dans le Houz, que toutes ces pratiques sont répandues : les kerkour sont sûrement beaucoup plus rare dans le Rarb et la coutume d’apporter les pierres aux marabouts y est également beaucoup moins habituelle que dans le sud du Maroc, sans y être toutefois inconnue. Notons enfin, qu’un peu partout on jette souvent sur les kerkour ou sur les tombes de saints, des branches d’arbres, des bâtons, concurremment avec des cailloux, ou encore, on plante des bâtons dans les tas de pierres sacrés ou sur les tombes ».
« Nous venons de décrire les faits et d’exposer les explications qu’en donne les autochtones, nous pouvons maintenant nous demander quelle est le sens de tous ces rites et quelle en ai l’origine, mais nous devons d’abord remarquer que ces rites analogues ont été observés chez la plupart des peuples du monde et qu’ils ont déjà été étudiés par des savants autorisés ».
« Plusieurs explications ont été données. D’après la plupart des ethnographes et des folkloristes, d’après Liebrecht et Andree, qui ont consacré des mémoires spéciaux au jet de pierres, il faudrait voir là l’expression d’un sacrifice, d’une offrande à dieux, aux génies, aux âmes des morts, dans certains cas spéciaux, dont les jets de pierres prescrits au cours des cérémonies du pèlerinage à la Mecque sont le type, le rite symboliserait la malédiction qui pèse sur une divinité abandonnée ou le mépris dont ont accable un homme qui a commis quelque forfait. La théorie de Frazer, a, le premier, pleinement développée, est différente ; dans son magistral « golden bought », il expose que le transfert du mal dans une pierre ou bien dans un homme ou un animal, par l’intermédiaire d’une pierre, est une pratique magique commune à tous les primitifs du monde, et c’est en partant de là qu’il explique les faits qui nous préoccupent ».
ARRIVEE A MARRAKECH, PROPOS DATANT D'AVANT-GUERRE
« La route aujourd’hui est pleine de monde, c’est demain la fête des sacrifices et chacun retourne chez soi pour célébrer cette solennité. Nous passons près d’un groupe de Rehamma qui se mettent à injurier un de nos hommes, un doukkali, lui reprochant de nous accompagner et lui criant que les Doukkala ne sont bons qu’a amener dans le pays des chiens infidèles. Un peu plus loin nous croisons un groupe d’étudiants en « nzaha » c’est à dire faisant une tournée des quêtes : ils mendient sur la route et l’un d’eux porte comme insigne un morceau d’étoffe blanche, au bout d’une longue gaule. Nos hommes leur témoignent un grand respect, car partout en pays musulman, le « taleb » est bien traité. Ils sont actuellement en vacances à l’occasion de l’Aïd el Kebir et ils emploient généralement ces vacances, qui sont nombreuses, à des tournées de mendicité ».
« Une halte d’une demi-heure auprès d’un puits, où un berger fait paraître son troupeau de chèvres et de moutons, puis nous reprenons notre route, car nous voulons être de bonne heure à Merrâkech ; quelques instants après, à 1h50, nous découvrons une immense plaine, assez vaste et qui porte une sombre forêt de palmiers. Au milieu de la palmeraie se profile la masse d’une grande ville, d’où s’élèvent ça et là des minarets, dont l’un domine tous les autres de sa masse : c’est Merrâkech, la ville de Youssef Ben Tachfin et le minaret de la Koutoubia. Marrakech m’apparaît avec le splendide décor du Haut-Atlas, tout argenté de neige et la foule de souvenirs historique vient renforcer l’émotion esthétique produite par ce paysage ; voilà donc la cité de Marrakech que fondèrent les farouches Sanhadja voilés du Soudan ; au milieu de ses palmiers de Marrakech et dans ces plaines dont un soleil ardent calcine la terre rougeâtre, Marrakech a bien l’air d’un ksar immense au milieu d’une oasis ! C’est donc de ces cimes neigeuses que descendirent les Masmouda fanatisés par Ibn Toumert, voilà le cirque où se livrèrent tant de combats et qui fut, au XVIème siècle, le boulevard de l’Islam contre la chrétienté menaçante : c’est dans ces palmiers, contre ses murailles, que vinrent se briser les efforts des portugais »…
AVERTISSEMENT : Ce texte restitue la perception que l'on pouvait avoir à l'époque
où il a été écrit. Il ne présume en rien de l'opinion que porte l'éditeur de ce site sur
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LA VILLE DE MARRAKECH
Marrakech, la « perle de l’atlas », la ville la plus peuplée du Maroc
(150000 habitants), située à 237 kilomètres de Casablanca, 198 kilomètres de
Mazagan, à 147 kilomètres de Safi, est la plus captivante des cités
marocaines. Tout concourt à accroitre les attraits de Marrakech : le site riant, frais, ombragé ; au sortir des mornes défilés du Djebilet, elle apparaît comme
une oasis entourée d’eaux vives et de palmiers. Marrakech est bien de caractère africain par son ciel d’un bleu profond, ses maisons construites en pisé,
ses places immenses, ses marchés où se coudoient, dans le plus extraordinaire bariolage, des peuplades entières,
Marrakech est par tels aspects une cité saharienne apparentée à quelque
Tombouctou. Elle est d’un pittoresque surprenant non tant par le dédale de ses
rues tortueuses, mais par l’immensité de ses espaces vides qu’animent marchands et bateleurs, telle cette place Djema-el-Fna, une des plus
étonnantes, où acheteurs et badauds se rassemblent par centaines habituellement et souvent par milliers.
LE GRAND ATLAS DE MARRAKECH
Le grand atlas domine Marrakech et ses sommets grandioses, de ses neiges éternelles ; c’est là un cadre merveilleux, une région difficilement
accessible et qui se défend par la rudesse de ses pentes, la sauvagerie de ses paysages, l’hostilité des hommes. Ce sont là des difficultés faciles
à concevoir et qui ne peuvent tenter que quelques touristes hardis ; ils auront, en revanche, une variété extraordinaire de paysages à contempler ;
ils excursionneront dans une nature peu pénétrée et qui garde son aspect naturel ; ils seront reçus, à l’étape, dans quelqu’une des Casbahs si
hospitalières des fastueux seigneurs de l’Atlas, aux abords de Marrakech, auxquels la France a laissé leur puissance et leurs privilèges dont ils font d’ailleurs un usage
favorable à nos intérêts.
ARRIVEE A MARRAKECH, PROPOS D'AVANT-GUERRE
« Tous ces souvenirs qui nous assiègent, la fatigue de la chevauchée qui nous énerve, la curiosité qui nous excite, le plaisir d’arriver à terme de notre route, l’imagination qui travaille sur ces riches données de la nature et de l’histoire, tout cela est cause que nous traversons l’oasis dans un trouble d’esprit inexprimable et délicieux, voici que notre caravane chemine à l’ombre des palmiers, nous traversons des ruisseaux limpides, çà et là les trous sombres des canaux souterrains d’irrigation nous laissent entendre le bruissement des eaux ; les passants deviennent de plus en plus nombreux, puis c’est le vieux pont de pierre bâti par Youcef l’almohade, jeté au dessus du lit de la Tensift, au milieu de laquelle coule à peine un filet d’eau ; enfin nous arrivons près de la ville : un marché ou l’on vend des moutons, pour la fête de demain en encombre les abords, nous entrons par Bab el Khemis. La vue de cette porte, massive, cintrée, basse, obscure, est une des plus fortes impressions que j’aie ressenties ; en pénétrant dans son couloir coudé, encombré d’une foule grouillante et de groupes de mendiants, qui implorent le passant d’une voie nasillarde, on a la sensation d’être violement rejeté en arrière de plusieurs siècles et de pénétrer, comme en un rêve dans un monde entièrement différent du nôtre ».
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Maroc : Amical en Rép.tchèque le 11 août - Sport365.fr